Pixels de suivi dans les emails, ce que votre entreprise doit vérifier

Vous envoyez des newsletters ou des campagnes commerciales et consultez régulièrement votre taux d’ouverture ?

Derrière cette statistique peut se cacher un pixel de suivi, c’est-à-dire une petite image invisible intégrée dans l’email. Lorsqu’elle est chargée, elle peut notamment permettre de savoir si le message a été ouvert, à quel moment et depuis quel type d’appareil.

Une pratique extrêmement répandue, mais désormais beaucoup plus clairement encadrée par la CNIL.

Ce que la CNIL a précisé en 2026

Le 14 avril 2026, la CNIL a publié sa recommandation définitive sur les pixels de suivi intégrés dans les courriers électroniques.

Le principe à retenir est simple : l’utilisation d’un pixel peut constituer une opération de lecture ou d’écriture d’informations soumise aux règles applicables aux traceurs.

Certains usages nécessitent donc le consentement préalable du destinataire. D’autres peuvent bénéficier d’une exemption, sous réserve de respecter les conditions prévues par la réglementation.

Il faut donc examiner la finalité réelle du suivi, et non simplement constater que l’outil propose une fonction de mesure d’ouverture.

À retenir

 

Pour les adresses électroniques collectées avant le 14 avril 2026, la CNIL avait prévu un dispositif transitoire permettant, sous certaines conditions, de poursuivre temporairement l’utilisation de certains pixels après information des destinataires.

 

Le délai de principe de trois mois a expiré le 14 juillet 2026. Les entreprises qui n’ont pas effectué les démarches nécessaires doivent donc réexaminer leurs pratiques.

Pourquoi votre entreprise doit vérifier ses outils

Le principal problème est que de nombreuses entreprises utilisent cette fonctionnalité sans réellement s’en rendre compte.

Elle peut être intégrée dans un outil d’emailing, un CRM, une solution de prospection commerciale ou une plateforme de marketing automation.

Or le fait de disposer légalement de l’adresse email d’un client ou d’un prospect ne signifie pas automatiquement que l’entreprise peut mesurer individuellement son comportement dans sa messagerie.

Il faut donc distinguer deux sujets : le droit d’envoyer le message et le droit d’utiliser un traceur dans ce message.

Trois questions à poser dès maintenant

Votre outil utilise-t-il un pixel de suivi ?

Vérifiez les fonctions de mesure d’ouverture de votre solution d’emailing, de prospection ou de CRM. Le suivi peut être activé par défaut ou intégré à certaines campagnes.

 

Pourquoi collectez-vous cette information ?

Mesure globale de performance, suivi individuel, relance commerciale, scoring d’un prospect, personnalisation ou délivrabilité : toutes les finalités ne se traitent pas de la même manière.

 

Votre dispositif respecte-t-il les règles applicables ?

 

Selon l’usage, il faut notamment vérifier l’information des personnes, les modalités de consentement ou d’opposition lorsqu’elles sont applicables, ainsi que la conformité des traitements réalisés à partir des données collectées.

Un indicateur marketing n’est pas forcément indispensable

Le taux d’ouverture a longtemps été considéré comme un indicateur incontournable du marketing digital.

Mais faut-il réellement savoir qu’un destinataire précis a ouvert votre email à 9 h 42 pour mesurer l’efficacité d’une campagne ?

La question mérite d’être posée.

La conformité repose aussi sur un principe simple : ne pas collecter une information dont l’entreprise n’a pas réellement besoin.

Un doute sur vos outils marketing et votre conformité RGPD ?

OPTIMEX DATA accompagne les entreprises et les collectivités dans l’analyse de leurs traitements de données personnelles, de leurs outils numériques et de leurs pratiques.

Un audit permet notamment d’identifier les traitements réalisés, les écarts éventuels et les actions de mise en conformité à mettre en œuvre.